Lundi matin, apres une tourista bien carabinee, depart pour Lombok, 30 mn de bateau, 10 mn de poney, 1h30 de bus et me voila a Senaru, un petit village perdu au milieu de rien. Petite balade de 2h jusqu'a de belles chutes d'eau, histoire de se mettre en jambe pour le lendemain. Nuit dans une pension totalement insalubre, murs bruts en beton, chiottes a la turc, une infection dans la chambre, pas d'electricite, bref un endroit assez sordide. Reveil matinal, 5h30, comme tous les matins depuis bientot deux semaines, j'avale un pancake a la banane.
Accompagnes de 5 autres trekkeurs, nous montons a bord d'un minibus qui doit nous accompagner a Simbalun, point de depart du trek. Le groupe se compose de 2 francais, Max et Claude, la quarantaine, de bons routards qui ont pas mal baroude, une tcheque, Barbora, rasta comme ils l'appellent ici a cause de ses locks, tres sympa, 2 canadiennes, Karen et Loren, la trentaine, assez chochottes et bien sur notre guide, Dan et les 3 porteurs qui s'embarquent pour l'ascension du volcan...en tongs !
1h30 de bus et de routes ultra sinueuses...en chemin, on perd des gamelles et puis tout le monde descend car c'est tellement raide que le bus ne grimpe plus. Le chauffeur cale une grosse pierre derriere la roue arriere, tout le monde pousse, il accelere un bon coup et c'est reparti ! Pause au magasin du coin pour que j'achete un habit de pluie (cense etre inclus dans le prix du trek...), vu les averses de la veille, je prends mes precautions, ils n'ont pas assez de liquide donc me rendent la monnaie...en bonbons... a l'indonesienne quoi !
8h00, le volcan se dresse majestueusement devant nous, c'est tout la haut qu'on va... on commence la grimpee. Les 4 premieres heures sont assez eprouvantes, ca monte sec et on marche sous un soleil de plomb, je ruisselle et mon ventre fait toujours des siennes !
Les porteurs equipes de tiges de bambou au bout desquelles pendouillent deux gros paniers (environ 40 kgs) sont partis bien apres nous et nous ont deja devance pour aller preparer le repas du midi, ils sont vraiment incroyables. 2 heures de pause, une soupe de nouilles et on se met en route pour 3 heures de montee tres, tres difficile d'apres le guide.
Difficile ??? j'ai bien cru que j'allais crever ouais...une pente a 90 degres sur un sol ultra glissant, un pas en avnat, deux en arriere, pause toutes les 5 mn pour reprendre son souffle et s'hydrater. Ce qui est rassurant , c'est que vraiment tout le monde a l'air d'en chier, l'une des canadiennes a carrement refile son sac au porteur, comme s'il n'en n'avait deja pas assez ! Sur les 3 personnes du groupe qui nous precede, 2 ont jete l'eponge, trop dur...
Je me motive, c'est tout dans la tete, je pense a Hugues et a son epreuve sur le glacier. J'avance au son de Manu Chao dans les oreilles, quelle bonne idee ce MP3, ca aide. La derniere heure, j'arrive a peine a mettre un pied l'un devant l'autre, le mental est la mais le physique a vraiment peine a suivre et puis, enfin, j'apercois le bout du tunnel, le haut de la crete ou nous allons camper et la, tous mes efforts sont recompenses : vue superbe sur le cratere qui enserre un lac aux eaux turquoises avec en toile de fond le Gunung Agung de Bali. On monte les tentes, je partage ma couche avec Barbora, quelques etirements en prevision du lendemain. Tres vite la temperature tombe, il fait vraiment tres froid, 3 degres environ, je m'endors toute emmaillottee.
La nuit n'a pas ete vraiment reparatrice, on a dormi a meme le sol et je me reveille toute engourdie. A l'heure du petit dej, des dizaines de macaques sortis de nulle part viennent nous tenir compagnie. On entame la descente vers le lac, 3 h d'escalade de rochers, j'avance precautionneusement, j'ai pas trop envie de me vriller une cheville et de finir sur le dos d'un porteur... Vers midi, nous arrivons au lac ou de nombreux locaux ont etabli leur camp pour pecher. C'est ici aussi que se trouvent les sources chaudes tant attendues et qui se revelent etre en fait deux pauvres trous au milieu d'un tas d'immondices ! ca m'a rappele les bacs ds lesquels ils font la teinture a Marrakech (sans l'odeur). Peu importe, nous sommes 2 courageuses a nous jeter ds une eau a 40 degres et ca fait un bien fou.
Deja l'heure de repartir et cette fois, il faut remonter ce que l'on a descendu. Je commence a etre un peu plus aguerrie mais j'en chie malgre tout. Vers la fin c'est presque de l'escalade. Je sue comme une veritable porcinette et enfin on arrive au sommet et j'admire en vrai le paysage que j'avais vu en photo dans le guide et qui m'avait donne l'envie de faire ce trek. C'est splendide, un second volcan, plus petit que le Rinjani, s'eleve au milieu du lac et de part et d'autres, des coulees de lave durcie, derniere eruption 2005, notre guide etait la et a assiste au spectacle.
2e et derniere nuit. Ce soir je ressens vraiment la fatigue, surtout au niveau de mes pieds bo. 3e jour, 6 heures de redescente, c'est presque du ski tellement ca glisse par endroits, je me suis retrouvee sur le cul a plusieurs reprises ! et puis on penetre ds la foret tropicale, humidite garantie, des racines a enjamber, des talus a sauter, j'arrive a peine a me receptionner sur mes pieds et j'ai les jambes toutes flageolantes.
14h, c'est fini, je suis ratatinee. Retour sur Gili Air pour se relaxer un peu. Impossible de bouger les deux jours suivants, des courbatures de partout mais des souvenirs plein la tete. Je suis fiere de m'etre lancee dans cette aventure et d'etre allee au bout, j'ai hate de renouveler l'experience...
Bisous a tous